Adoption du projet de loi 23 par bâillon
«COMME EN FAIT FOI LE CAS DE LA SERPENTINE, LE MINISTRE A PILOTÉ TOUT CE DOSSIER AVEC UN AFFLIGEANT MANQUE DE RIGUEUR»
- STÉPHANE BERGERON
QUÉBEC, le 13 juin 2006 – Au lendemain de l’adoption par bâillon du projet de loi 23, le député de Verchères et porte-parole de l’opposition officielle en matière de faune et parcs, monsieur Stéphane Bergeron, a vertement dénoncé l’amateurisme et la précipitation du gouvernement dans le dossier de la privatisation partielle du parc national du Mont-Orford. Il était loin de se douter, par exemple, que le ministre du Développement durable, de l’environnement et des parcs, Claude Béchard, irait, et ce de façon répétée, jusqu’à faire grand étalage public de son ignorance crasse par rapport à l’inventaire faunique des territoires qui sont visés par le projet de loi 23, aujourd’hui adopté par bâillon.
«En commission parlementaire, lors des auditions particulières, j’ai candidement référé à la serpentine en la qualifiant d’espèce méritant d’être protégée. Depuis, le ministre ne cesse de s’amuser de cette déclaration en me rappelant sans cesse que la serpentine est “une sorte de roche”. Il est vrai, et nous ne l’avons jamais nié, que la serpentine est un minéral faisant partie de la formation géologique qu’on retrouve dans la région. Si le ministre avait pris la peine de consulter des herpétologistes, il aurait découvert qu’une espèce animale, en l’occurrence une tortue, répond également à la dénomination de chélydre serpentine. Il aurait même pu se donner la peine de consulter les études qu’il a lui-même déposées à la Commission des Transports et de l’environnement, et dans lesquelles il aurait découvert que cette espèce est tout particulièrement localisée, au Québec, dans les territoires visés par son projet de loi!», d’ironiser Stéphane Bergeron.
En effet, la «Chelydra serpentina» est l’une des deux espèces de tortues répertoriées et mentionnées dans l’inventaire faunique du ruisseau Gulf et de la rivière au Saumon, inventaire colligé par l’équipe de Conservation du corridor naturel de la rivière au Saumon et dont une copie se trouve dans la liasse d’études déposées par le ministre. Selon cet inventaire, la Chélydre serpentine se trouvait principalement, en 2000, dans les secteurs du marais du lac Brompton, à l’embouchure du ruisseau Gulf et au marais de Kingsbury.
«Depuis le début, j’insiste sur le fait que nous aurions tout à gagner en dressant un inventaire faunique et floristique complet avant de procéder à quoi que ce soit. La sagesse élémentaire aurait voulu que le ministre ait une idée juste de tout ce qui se trouve sur ces territoires. Je continue de croire que le ministère n’a pas réalisé d’études exhaustives des terrains visés par le projet de loi 23. Un propriétaire sérieux accepterait-il de vendre sa maison et son contenu sans avoir, au préalable, soigneusement dressé la liste des éléments inclus et vérifié leur valeur? Un acheteur avisé en ferait tout autant! C’est pourquoi il y a tout lieu de dénoncer l’adoption rapide par bâillon de ce projet de loi controversé et largement décrié dans la population», a conclu le député de Verchères.

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