Privatisation du Mont-Orford : Vente du patrimoine collectif à 4¢ le pied carré
Québec, le vendredi 15 décembre 2006 – Le député de Verchères et porte-parole de l’opposition officielle en matière d’environnement, de faune et de parcs, Stéphane Bergeron, s’insurge contre l’appel d’offres présenté aujourd’hui par le gouvernement Charest qui liquide une partie du Parc national du Mont-Orford.
« L’appel d’offres sacrifie le patrimoine collectif des Québécois pour 2 M$, soit 4 358$ l’hectare ou, plus crûment, 4¢ le pied carré. C’est un véritable scandale! Surtout que nous savons qu’il y a quatre ans, l’actuel gestionnaire, Mont-Orford Inc., avait acquis des terrains adjacents pour 10 000$ l’hectare. Comment, par ailleurs, le gouvernement entend-t-il doubler la superficie du parc avec seulement 2 M$? Nous ne savons toujours pas non plus qui a fixé la valeur des actifs de Mont-Orford Inc. à 12,6 M$, alors que le ministre parlait tout récemment de 5 à 15 M$ », a soutenu Stéphane Bergeron.
Le ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Claude Béchard, prévoyait le dépôt de l’appel d’offres pour le 15 octobre dernier. Il aura donc fallu huit mois après l’annonce du projet de loi pour connaître les détails de la vente de feu à laquelle se livre le gouvernement Charest. « L’appel d’offres est prêt depuis longtemps et le ministre Béchard a sciemment attendu la fin des travaux parlementaires pour éviter de faire face aux questions. Qui plus est, le ministre a joué au chat et à la souris, annonçant à seulement une heure d’avis le dévoilement de l’appel d’offres. Toute cette mise en scène démontre le manque de bonne foi et de transparence de ce gouvernement », a indiqué le député de Verchères.
Il a rappelé que le ministre Béchard s’est époumoné à répéter depuis des mois que les Québécoises et Québécois n’auraient pas à payer davantage dans ce dossier. Pourtant, l’appel d’offres laisse entendre que le futur propriétaire pourra faire appel à des programmes gouvernementaux. Quant à la servitude de conservation, l’appel d’offres ne nous éclaire pas sur les obligations du futur propriétaire. Bien au contraire, ce sera à ce dernier d’identifier les mesures qu’il entend prendre pour conserver le territoire.
« Non seulement le projet était mauvais dès le départ, mais tout le processus qui s’en ait suivi a manqué de transparence. Nous continuons de croire qu’il n’était pas nécessaire de vendre une partie du parc national pour en doubler sa superficie », a conclu le député de Verchères, rappelant que le gouvernement Charest a décidé d’aller de l’avant avec un projet qui est loin d’avoir reçu une large approbation sociale dans la région de l’Estrie et partout au Québec et qu’il s’agit d’un dangereux précédent pour les 22 autres parcs nationaux au Québec.

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