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Les algues bleues : des solutions concrètes à un problème très concret

Québec, le mercredi 8 août 2007 – Réagissant à ce qu’il qualifie de laxisme de la part du gouvernement dans le dossier des algues bleues et conformément à l’engagement pris, la semaine dernière, par Mme Pauline Marois, le député de Verchères et porte-parole du Parti Québécois en matière d’environnement, Stéphane Bergeron, a présenté aujourd’hui trois premières mesures concrètes pour lutter contre la prolifération des cyanobactéries.

« Les lacs et cours d’eau du Québec constituent une ressource précieuse pour l’ensemble des Québécoises et Québécois. Ils doivent donc être protégés efficacement. Le Québec est actuellement confronté à un sérieux problème de cyanobactéries. Pourtant, le gouvernement ne fait rien! Au-delà de la bonne volonté des gens et de la prise en charge de certains lacs par des municipalités et groupes de citoyens, le gouvernement a le devoir d’intervenir pour assurer la protection de ces lacs. Certaines mesures peuvent être prises dès maintenant pour peu que le gouvernement manifeste une volonté réelle de résoudre le problème. Combien de temps la situation devra-t-elle se détériorer avant que le gouvernement se décide enfin à agir et à mettre de l’avant des solutions, dont certaines sont pourtant à portée de main? », s’est interrogé M. Bergeron.

Bien que la problématique de la prolifération des algues bleues découle d’une combinaison de facteurs, certaines mesures peuvent d’ores et déjà être prises en compte pour limiter les dégâts et surtout pour les prévenir. Ainsi, le Parti Québécois propose :

  • d’éliminer les phosphates dans les détergents à lessive et à vaisselle;
  • de mettre en place un processus de revégétalisation des rives des lacs et cours d’eau;
  • de s’assurer de l’application de la réglementation sur les fosses septiques.

Il est primordial que le gouvernement interdise la vente de détergents à lessive et à vaisselle contenant des phosphates. « Pourquoi ne pas agir comme l’ont fait plusieurs pays et États américains? Il existe maintenant des produits sans phosphate qui sont tout aussi efficaces et dont le prix est comparable aux autres produits », a indiqué M. Bergeron. Dès l’ouverture de la session parlementaire, le Parti Québécois déposera donc un projet de loi pour interdire au Québec l’utilisation de détergents contenant des phosphates.

Le Parti Québécois interpelle également la ministre Beauchamp afin qu’elle adopte des mesures visant à assurer la revégétalisation des rives, tel que le prévoit déjà la Politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables existante. « Le Québec possède une excellente politique en matière de protection des rives. Il faut maintenant s’assurer de la faire appliquer », a ajouté le député de Verchères. M. Bergeron a donné l’exemple du Lac Sergent, dans la MRC de Portneuf, où la municipalité a adopté un règlement l’an dernier afin d’obliger les riverains à renaturaliser leurs berges.

Le Parti Québécois réclame également l’application rigoureuse de la réglementation sur les fosses septiques pour tous les riverains. « Ici encore, le Québec possède une bonne réglementation, mais celle-ci n’est pas toujours appliquée. Il faut prévoir, au besoin, l’octroi d’une aide appropriée aux municipalités afin qu’elles fassent appliquer la réglementation sur les fosses septiques comme celle sur la revitalisation des berges. Il y a des responsabilités qui relèvent des individus, comme le reboisement, l’entretien et la mise aux normes des fosses septiques, mais il y a des responsabilités, comme celle d’édicter des règles de protection et de les encadrer, qui incombent au gouvernement. Dans ce dossier, il est plus que temps que le gouvernement prenne son rôle au sérieux. Outre le fait que l’industrie du nautisme représente des retombées de plus de un milliard de dollars par année au Québec, il faut rappeler que l’eau est un bien collectif dont nous pouvons tous profiter et qui doit être traitée comme tel », a indiqué M. Bergeron.

Le problème des cyanobactéries est complexe et nécessite la collaboration de plusieurs secteurs de la société québécoise. Évidemment, des gestes sont aussi nécessaires en agriculture, mais nous souhaitons une action concertée des différents intervenants concernés, notamment les groupes environnementaux. Il faut un effort de la part de l’ensemble des citoyens afin d’en arriver à des solutions concrètes et viables pour le bien-être collectif.

Rappelons que le gouvernement du Parti Québécois avait doté le Québec, en novembre 2002, d’une politique nationale de l’eau dans le but, justement, d’assurer la protection de cette ressource précieuse et indispensable, de gérer l'eau dans une perspective de développement durable, et de s’assurer, ce faisant, de mieux protéger la santé publique et celle des écosystèmes. Or, le gouvernement tarde dans l’application de cette Politique. « Tous les outils politiques et législatifs sont à la disposition du gouvernement pour mettre en œuvre la Politique nationale de l’eau, il lui manque seulement la volonté politique pour le faire », a déclaré Stéphane Bergeron.

Le député s’est enfin interrogé sur l’absence de l’ADQ dans ce dossier. « À part le fait de s’opposer, d’être absente ou de se contenter de critiquer, l’ADQ n’a présenté aucune solution concrète », a conclu M. Bergeron.