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Le Parti Québécois est favorable au développement économique... durable!

En politique, comme dans la vie, un manque de rigueur peut sérieusement affecter la crédibilité de propos avancés. C’est particulièrement vrai lorsque de telles affirmations prennent l’allure d’accusations pouvant apparaître gratuites. C’est ce qui m’est venu à l’esprit quand j’ai pris connaissance de la lettre ouverte de monsieur Luc Morin intitulée «Avancez par en arrière, SVP!».

Invoquant la prétendue opposition du Parti Québécois au projet Rabaska et au tracé retenu pour le parachèvement de l’autoroute 30, monsieur Morin, qui laisse entendre, sans la moindre nuance, que le Parti Québécois, empêtré dans l’immobilisme, serait opposé au développement économique. Quelle logorrhée de principes évoqués à tort et à travers pour soutenir une vision idéologique à peine subtile!

Dans les deux cas, la Commission de protection du territoire agricole a livré une opinion défavorable, tandis que le Bureau d’audiences publiques en environnement exprimait des réserves. On ne peut donc prétendre de façon péremptoire, dans le cas du projet Rabaska, par exemple, qu’il «s’inscrit dans la lignée du développement durable» et qu’il vise à créer «une diversification énergétique très intéressante». La preuve n’a pas encore été faite que de tels projets s’inscrivent dans une stratégie de diversification du portefeuille énergétique des Québécoises et Québécois. Tant que le besoin domestique décuplé en gaz naturel n’aura pas été clairement démontré, il convient d’agir avec circonspection.

Le Québec veut-il développer une nouvelle dépendance à l’égard d’une autre source d’énergie fossile provenant de l’étranger ou continuer à se démarquer en misant sur ses propres ressources, tout en investissant massivement de nouveaux créneaux d’avenir? Tant que nous n’aurons pas répondu à cette question, il serait hasardeux de procéder avec précipitation. La question se pose et tant que nous n’y aurons pas répondu, il serait hasardeux de procéder avec précipitation.

Quant au parachèvement de l’autoroute 30, il est tout simplement vital pour l’économie de la grande région métropolitaine, sinon du Québec tout entier, sans compter qu’il contribuerait au désengorgement de la circulation automobile à Montréal et, par le fait même, à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Il ne reste plus que cinq kilomètres à compléter sur le tracé Nord (route 132). En outre, les emprises de l’autoroute et des voies de service sur ce tracé sont déjà disponibles, les autorisations ont été obtenues, les propriétés nécessaires ont été expropriées depuis longtemps, l’aqueduc pluvial de plus de 1,8 million de dollars est construit. Il y a plus de 72 millions de dollars déjà investis sur ce tracé, qui coûterait au moins 200 millions de dollars de moins que celui que privilégie toujours le gouvernement.

Du côté de ce tracé Sud, tout ce qui existe, pour le moment, c’est un viaduc qui donne dans une cour à bois! Aucun des 13 kilomètres prévus n’a encore été amorcé. Les négociations n’aboutissent pas, les expropriations des quelque 600 hectares de terres agricoles figurant parmi les plus belles du Québec sont loin d’être complétées et la communauté de Kahnawake s’oppose à la construction d’un échangeur aux limites de son territoire.

Monsieur Morin semble se demander si le Parti Québécois est favorable au développement économique. Bien sûr que oui! Mais cela doit impérativement se faire dans le cadre d’une vision globale pour l’avenir du Québec. La vision que semble privilégier monsieur Morin m’apparaît cependant être à courte vue. Qui donc propose au Québec d’avancer par en arrière?